Mélanie
Bonjour à tous,
Je m’appelle Mélanie Beauchamp, j’ai 23 ans et je suis atteinte de la sclérose en plaques. J’ai eu le diagnostic à 18 ans mais j’ai des symptômes depuis mon enfance.
J’ai décidé de faire une vie de famille, avec deux enfants et un conjoint qui sont très précieux, chacun à leur manière. Ils ont tous un rôle à jouer dans cette routine accompagnée de la SP. Je suis aussi étudiante à temps partiel à la maison et je vais bientôt ouvrir ma petite garderie de 3 ou 4 places.
J’étais enceinte de ma première quand on m’a annoncé que j’avais la sclérose en plaques, ce qui m’a beaucoup aidée à l’accepter, car j’avais une obligation dans mon ventre et je me devais d’être forte et là pour elle. Par la suite, on m’a dit qu’il serait mieux pour moi de ne plus avoir d’enfants, d’attendre plusieurs années… Et bien, ils n’ont pas dit ça à la bonne fille, car moi j’en voulais d’autres et je leur ai bien montré que c’était tout à fait possible. Quand quelque chose nous tient à cœur, on est en droit de le réaliser, je ne vois pas pourquoi on ne le ferait pas…
Je suis par la suite devenue bénévole pour la Société de la SP en 2008 pour la Marche de l’eSPoir en faisant des journées de sensibilisation auprès des gens et en amassant des dons, ce qui aussi, je crois, m’a beaucoup aidée.
Ce n’est pas toujours facile et je n’ai pas ACCEPTÉ la SP, mais j’ai plutôt appris à vivre avec. Moi aussi j’ai mes moments de faiblesse et de noirceur, je les vis et c’est très important. Il ne faut pas banaliser les sentiments négatifs qu’on peut avoir avec une maladie, ils sont bien là et nous font grandir tant qu’on ne leur laisse pas toute la place…
Voici ce que j’aurais à dire aux jeunes atteints de la SP :
Continuez de rêver et de vivre, car tant que vous êtes un peu en forme, TOUT EST POSSIBLE. La vie est loin d’être finie, efforcez-vous de vivre avec cette maladie à vos côtés, pas contre, informez-vous à son sujet. La vie va suivre son cours avec quelques embûches, certes, mais aussi avec beaucoup de bons et beaux moments…
À vous de faire votre destin, avec les moyens que vous avez!
Amitiés,
Mélanie
Katia
Selon les statistiques, il y a 3 cas de sclérose en plaques diagnostiqués chaque jour au Canada.
Bonjour, je m’appelle Katia Prévost et j’étais un des trois cas du 1er juillet 2005.
Première poussée : Jour de l’an 2005. Mal de mer pendant 1 mois.
L’IRM, test d’imagerie par résonance magnétique, a révélé que j’avais des lésions au cerveau. Mais le neurologue, sans pouvoir me dire que ça pouvait être les symptômes de la SP, m’a servi la théorie des hot-dogs. Il m’a expliqué que les nerfs étaient comme de longues chaines de saucisses, chacune enrobée d’un pain, et que, dans certains de ces pains, il y a des trous. Et il m’a retournée chez moi en me conseillant de garder la tête au frais…
Bonjour, je m’appelle Katia Prévost et j’ai des pains à hot-dogs troués dans le cerveau.
Deuxième poussée, juin 2005. Je marchais comme un robot désynchronisé ou comme si j’étais saoûle. Le chiropraticien que j’ai vu a confirmé que je n’avais pas de troubles moteurs, donc que c’était sûrement d’ordre neurologique. Lui a utilisé l’analogie des fils électriques. Les nerfs sont comme des fils électriques recouverts d’une gaine plastique (la myéline). Quand la gaine est trouée, l’électricité nerveuse ne passe pas ou passe mal, ce qui cause des symptômes neurologiques.
Bonjour je m’appelle Katia Prévost et j’ai des trous dans ma myéline.
Pendant les mois qui ont suivi, je me suis mise à avoir de plus en plus souvent l’impression d’avoir les pieds mouillés. Un engourdissement partant du bout de mes orteils jusqu’au milieu du dos s’est ensuite ajouté et m’a fait courir jusqu’à l’urgence. Quelque treize heures plus tard, un neurologue ouvre une chemise bleue et me dit : « Donc Mme Prévost, vous avez la sclérose en plaques… Quoi, on vous l’avait jamais dit? ». Non. Pas dans ces mots-là.
Bonjour je m’appelle Katia Prévost et j’ai la sclérose en plaques.
Au même moment où je me sentais soulagée, je me sentais complètement désespérée. Il m’a ensuite expliqué que c’est une maladie chronique, la mienne de type poussées-rémissions, et que j’allais devoir vivre avec ça pour le reste de ma vie.
Mais maintenant, je dis de ma SP ce que Michael J. Fox dit de son Parkinson : « Ma maladie ne me fera pas mourir, mais elle va mourir avec moi ». Et c’est à peu près la seule certitude qu’on peut avoir au sujet de cette imprévisible condition qu’est la sclérose en plaques.



