Les groupes de discussions ou l’importance du sentiment d’appartenance

Écrit par le 20 juillet 2012 – Aucun commentaire

Au début, j’étais tellement réticente à l’idée d’y aller… Au début, je me croyais et je me sentais si seule au monde dans ma condition… Mais une bonne journée, sans raison apparente, j’ai décidé d’y aller. Où?

Où peut-on être content d’être allé malgré le fait que notre fatigue est telle que dès qu’on a ouvert les yeux le matin, on a hâte de se recoucher? Dans quel univers sommes-nous enchantés d’avoir pu graviter quand la seule action de marcher s’avère une tâche si démesurée à chacun de nos pas? Quel espace peut combler à ce point notre désir de communiquer et d’échanger qu’il nous fait vaincre la force d’inertie pour nous y déplacer fois après fois?

Un groupe de discussion. Et pourquoi va-t-on à chacun de ces rassemblements qui se concluent de façon si encourageante? À chacune de ces rencontres où nous sommes toujours tous si heureux de nous être présentés?

On y va pour se faire inspirer par nos semblables qui, eux-aussi, refusent de plier devant la torpeur que veut leur imposer la maladie. On y va pour retrouver les gens avec qui on a un lien commun instantané sans se connaître, une compréhension sans condition et inégalée. Nous y sommes réunis par la couleur collective de notre existence, par les virages insoupçonnés et imprévus que notre maladie peut nous avoir imposé. On va chercher ce rare et si précieux sentiment de compréhension, souvent introuvable ou parfois compliqué à obtenir de notre quotidien.

On y va pour retrouver ces gens qu’on a appris à connaître et à apprécier et qu’il nous fait plaisir de revoir lorsqu’ils nous disent avec bonheur qu’ils vont bien. Mais parfois aussi, pour faire preuve d’une indulgence inconditionnelle à écouter leur peines, leurs angoisses et leurs questions quand ça va moins bien… Pour les entendre exprimer leurs difficultés et pour leur parler des nôtres. Et pourquoi pas également pour rire ensemble de nos malheurs dans une zone dépourvue de tout jugement devant l’aspect parfois grotesque et même pathétique que nous ordonne notre grand ennemi invisible?!

Surtout, on y va pour ne pas se sentir seul dans la maladie, pour accueillir une compassion sans conventions devant les mécanismes souvent incompréhensibles que la maladie nous commande, devant la nature si imprévisible et dégénérative de cette manifestation chronique qu’est la SP.

Alors pourquoi on y va? Pourquoi on y retourne? Parce qu’à chaque fois qu’on en repartira, on sera content d’y être allé.

Avant, je n’y croyais pas. Mais maintenant je sais pourquoi, je le sens. C’est à cause de cet essentiel appel à partager, que je dois satisfaire et auquel je dois répondre.

Laisser une réponse

Inscrivez-vous pour sauvegarder l'information vous concernant. Déjà fait? Connectez-vous!