Archivés le décembre, 2012

Le super héros du super héros

Écrit par le 17 décembre 2012 – Aucun commentaire

Y a-t-il un héros dans votre vie? Quelqu’un à qui vous aimeriez ressembler? Une personne que vous admirez ou sur qui vous prenez exemple? Nul besoin que cette personne soit célèbre ou connue dans le monde entier ou qu’elle soit à la tête d’une entreprise prospère. Le choix de cette source d’inspiration vous appartient.

Dans ma vie, il y a quelqu’un comme ça. Elle s’appelle Barb, et c’est ma mère.

Je suis très proche de ma mère, ou de ma mama, comme je l’appelle. Je la vois au moins une fois par semaine et d’habitude, je lui parle au téléphone plusieurs fois par semaine. Elle est ma mère, mon amie et ma confidente et elle est toujours là pour me soutenir. Je me trouve vraiment privilégiée d’avoir une telle relation avec ma mère, relation que pour rien au monde je n’échangerais. Maintenant que vous savez qui est ma source d’inspiration et ma super héroïne masquée, laissez-moi vous en expliquer les raisons.

Ma mère fait preuve d’une volonté, d’une force, d’une bonté et d’une intégrité à toute épreuve. Elle a connu des moments vraiment difficiles, comme la perte de ses parents alors qu’elle n’était qu’au début de la trentaine. Elle est mariée depuis plus de trente ans avec le même homme et elle a eu quatre enfants. Je l’ai vue offrir un soutien indéfectible à mon père chaque fois que l’état de santé de celui-ci s’est aggravé, et cela s’est produit à de nombreuses reprises au cours des trente dernières années. Par exemple, l’année dernière, mon père a subi une chirurgie au dos. Pendant l’hospitalisation de mon père, tous les jours, après avoir travaillé huit heures, ma mère a fait deux heures de route pour lui rendre visite à l’hôpital. Puis elle roulait encore deux heures pour retourner à la maison et enfin prendre une bouchée avant de terminer sa journée. Elle a fait cela pendant une semaine. Et même si nos visites ne duraient qu’une vingtaine ou une trentaine de minutes, nous roulions les quatre heures de route requises sans nous poser de question.

Mon héroïne masquée se tient aussi toujours à mes côtés depuis que j’ai la SP. Elle m’a accompagnée à tous mes rendez-vous médicaux, à tous les examens que j’ai dû passer, à tous mes traitements ainsi que toutes les fois où j’ai été hospitalisée. Le bien-être des autres passe toujours avant le sien. Je ne crois pas qu’elle sait à quel point nous l’aimons et nous lui sommes reconnaissants pour tout ce qu’elle fait. Si je pouvais avoir ne serait-ce qu’une parcelle de sa volonté et de sa bonté, je serais vraiment une personne privilégiée. Je ne peux imaginer la force dont on a besoin lorsque la santé de son conjoint est fragile et qu’en plus, une de ses filles a aussi des problèmes de santé. Ce doit être extrêmement exigeant, déchirant et difficile par moment. Malgré tout, ma mère demeure positive et cherche toujours à faire ressortir le bon côté des choses.

Je pense que je serai à jamais redevable à ma mère de tous les sacrifices qu’elle aura faits pour moi et que je ne parviendrai jamais à pallier l’inquiétude ni le chagrin que l’état de santé de mon père et le mien entraînent chez elle. Je ne peux que m’efforcer de lui démontrer qu’elle compte beaucoup pour moi et que je ferais absolument tout pour elle.

Mama, lorsque tu liras ce mot que j’ai écrit pour toi, j’espère que tu comprendras que je t’aime et que tu as toute mon admiration!

Loribelle

Accepter le fauteuil roulant

Écrit par le 11 décembre 2012 – 6 commentaires

Bonjour tout le monde,

Je m’appelle Camille Cournoyer et j’ai 14 ans. Mon père est atteint de sclérose en plaques depuis une quinzaine d’années.

Mon père avait toujours renié le fauteuil roulant. Il croyait que c’était comme se mettre une étiquette dans le front qui crierait à ceux qui le voient qu’il est malade. Je le sais parce que je lui ai parlé du fauteuil roulant plusieurs fois, lui mentionnant à quel point ce serait super d’avoir la simple occasion d’aller se promener une heure ou deux au lieu de dix minutes. Malgré les arguments que je lui sortais, il restait buté sur son idée : non, il ne s’affichera pas avec une étiquette dans le front. Il disait que les autres le trouveraient étrange si, au bout d’un moment, il se levait et marchait quelques pas. Ils penseraient qu’il n’en a pas besoin et tout et tout. En écrivant ces mots, je me rends compte d’une chose bien précise dont je ne m’étais jamais doutée. Mon père, l’homme le plus courageux à mes yeux, lui, a peur du regard des autres. Voilà de qui je tiens cela! Et pourtant, s’il savait! Les autres n’ont pas à juger quelqu’un qu’ils ne connaissent pas. Ces autres-là n’ont pas le droit de juger une personne dont ils ne connaissent pas du tout l’histoire. Mais ils le feront quand même, dans leurs pensées, par ignorance. Pourtant, ils seront si peu! Mon père ne devrait pas s’empêcher de se procurer un fauteuil roulant pour cette raison, car elle n’est pas bonne… même si je peux le comprendre un peu.

Plusieurs mois plus tard, le 9 septembre, il a déclaré, comme ça : « Je crois que je vais m’acheter un fauteuil roulant ». Je lui ai demandé de répéter. Il ne voulait pas « que je m’énerve ». Son combat contre lui-même n’était donc pas terminé, mais je savais qu’il s’approchait du but. Quand cette aide rentrera à la maison, elle ne servira pas tout de suite. Il ne va pas sauter dessus comme un enfant qui veut déballer un cadeau à Noël. Il le mettra dans l’auto et le sortira quand il sera fatigué. Je n’aurai pas honte de me tenir avec mon père, même s’il aura l’air un peu plus vieux… Je pousserai son fauteuil quand il le faudra, même si je n’en ai pas envie, car je suis fière de lui.

Le fauteuil ne sera jamais un signe de lâcheté. Ce sera une victoire!

Camille