Archivés le février, 2013

Grâce

Écrit par le 27 février 2013 – Aucun commentaire

J’avais un surnom quand j’étais petite. On m’appelait « Grâce », car je n’en avais aucune. Toute petite, je manquais déjà de coordination, et ça n’a fait qu’empirer avec les années. Ensuite, la SP a fait son apparition et n’a certainement rien arrangé. Je pense qu’il n’existe aucun type de surface sur lequel je ne suis pas tombée, et je suis passée maître dans l’art de trébucher sur les surfaces planes. Et que dire des escaliers? Mes pires ennemies! Quant aux talons hauts, même pas la peine d’en parler! Je me sens nettement mieux lorsque mes deux pieds sont bien ancrés au sol dans des chaussures à talons plats, et à la mode, svp.

Jusqu’à présent, ce sont mes jambes qui ont surtout été touchées par mes symptômes de SP et les poussées que j’ai subies. J’ai eu recours à toutes sortes d’aides à la mobilité, mais j’ai vraiment essayé de toutes mes forces de marcher sans elles. Quand je ne les utilise pas, je dois être très prudente, car j’ai aussi des troubles de l’équilibre. S’il faut que j’emprunte un escalier, par exemple, je dois descendre les marches une à la fois, comme un petit enfant qui commence à marcher. Je dois m’assurer que mon pied touche la marche suivante avant de descendre mon autre pied. Dernièrement, je n’ai pas fait attention et j’en ai payé le prix. Je me suis tournée pour répondre à une personne qui me suivait, et ce manque de vigilance de ma part a fait en sorte que j’ai déboulé les quatre marches qu’il me restait à descendre. Cette pirouette m’a valu une impressionnante ecchymose de 25 cm sur la jambe, et ma fierté en a pris tout un coup. Quelques semaines plus tard, le bleu paraît toujours, et je présente maintenant un hématome encapsulé. Inutile de vous dire que j’ai bien averti cet escalier de ne plus se frotter au super héros. J’aimerais toutefois pouvoir raconter quelque chose d’un peu plus palpitant pour expliquer la présence de cette blessure de guerre, car débouler les marches n’est pas exactement le genre d’exploit dont un super héros a envie de se vanter.

Je ne peux parler au nom des autres, mais je sais que personnellement, je préfère me relever toute seule. Je suis reconnaissante lorsque quelqu’un m’offre son aide, mais j’ai plutôt besoin de me redresser par mes propres moyens. Heureusement, la plupart du temps, seule ma fierté est blessée et rien de grave ne m’empêche de me remettre debout. Au fil des ans, j’ai appris à ne pas trop m’en faire avec ces chutes et à accepter le fait qu’elles surviennent. J’ai aussi appris que parfois, il valait mieux que j’en rie. D’ailleurs, je suis convaincue que dans certains cas, ça a donné lieu à des scènes plutôt hilarantes à regarder. C’est comme si je faisais partie de mes propres « bloopers ». Par ailleurs, le rire n’est-il pas l’une des meilleures médecines?

À la prochaine, mes amis! Et d’ici là, évitez de tomber et d’être les acteurs d’un autre « blooper »!

Loribelle