Un autre genre d’eSPoir

Écrit par le 18 avril 2013 – Aucun commentaire

Dans mon dernier blogue, je faisais mon « coming out » d’espoir. Je l’ai souvent souligné, l’espoir est demeuré longtemps chez moi à l’état passif. Je me répète souvent ce que ma grand-maman me disait toujours : « La confiance, ça ma p’tite fille, ça fait des miracles. » Je me tourne donc la plupart du temps, quand je me sens perdue ou découragée, vers la confiance. J’ai confiance que ce qui m’assaille ne sera qu’un moment à passer, que ça ira mieux, que l’amour cognera à ma porte. Bref, un espoir en la suite des choses.

Dernièrement, j’ai renoué avec un homme, atteint de SP lui aussi. Il est atteint d’une forme progressive de sclérose en plaques et est en fauteuil roulant depuis cinq ans. Nous nous étions rencontrés en réadaptation à Constance-Lethbridge il y a plus de six ans, mais notre rencontre ne nous a menés à une relation sérieuse que récemment. Immédiatement, notre lien avec notre SP, malgré que nous ne soyons pas atteints de la même forme, nous a permis de nous identifier l’un à l’autre. Tous les deux, nous sommes du genre à nous concentrer sur ce qu’il nous reste plutôt que sur ce que nous avons perdu. Et il reste encore beaucoup d’eau dans un verre à moitié vide…

Malgré tout le positivisme et l’optimisme qui enveloppent notre relation, je me suis heurtée aux avertissements de ma famille, à savoir, que je perdrais beaucoup d’énergie avec une autre personne qui a la SP et que je devrais plutôt me flanquer de quelqu’un qui m’aidera moi, pas l’inverse! J’ai décidé de faire fi de ces avertissements et de m’en tenir à ce que me dicte mon cœur, malgré le fait que ces conseils soient bel et bien fondés. Il est vrai que cette relation me demande  davantage d’énergie qu’une autre. Mais je me dis que ça a au moins le mérite de me faire m’activer, moi qui possède toujours ce privilège si précieux d’être encore capable de marcher. Et, a-t-on parlé d’amour ici? A-t-on pensé au fait que nous nous aimons?

Oui, il s’agit ici d’une dynamique qui nous force à regarder la réalité en face, et ceci, pour les deux parties, je le sais. De mon côté, je vois ce que je risque de perdre comme capacités, et du sien, il voit tout ce qu’il a perdu. Juste le fait de se côtoyer nous mène malgré nous à cette comparaison, qui s’effectue automatiquement, mais que nous devons combattre. Sans mentionner que tout ceci s’ajoute à ce qu’il faut déjà combattre soi-même en tant que personne atteinte de SP.

Le plus beau dans tout ça : on est deux fois plus fort contre notre ennemi invisible, car à présent, nous combattons à deux.

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