Une mince frontière…

Écrit par le 18 septembre 2013 – Aucun commentaire

La frontière est mince entre se préoccuper d’une personne aux prises avec la SP et s’inquiéter de façon constante pour elle. Personnellement, je comprends tout à fait le sentiment d’impuissance qu’on peut ressentir en tant que conjoint ou proche aidant. Un de mes parents est atteint d’une maladie chronique, et je sais à quel point ça peut être difficile pour la famille et le conjoint. Oui, croyez-moi, je sais. Je sais qu’on veut aider. Je sais qu’on veut se rendre utile et qu’on ne veut pas rester là, sans rien faire, alors que la maladie, elle, ne lâche pas prise. Vous pouvez me croire aussi quand j’affirme que les personnes qui sont atteintes d’une maladie chronique n’oublient jamais la présence de cette dernière. Peut-être qu’elle ne fait pas partie de chacun des instants de leur vie ni de toutes leurs pensées, mais elles en sont quand même toujours conscientes. Comme une idée qui vous revient en tête à n’importe quel moment du jour ou de la nuit, chaque semaine, année après année. Ce rappel constant, même s’il émane d’une bonne intention, est cependant bien inutile.

Je suis on ne peut plus privilégiée de vivre dans un monde où le soutien est omniprésent. Mes parents sont le roc sur lequel je m’appuie. Quant à ma sœur, elle est la meilleure amie qu’une fille peut espérer avoir. En fait, j’ai une famille d’amis qui s’unissent pour me venir en aide quand j’en ai besoin. Ce sont eux qui m’ont aidée à me relever lorsque je suis tombée. Ils m’ont aussi aidée à faire mon marché, ils m’ont conduite à mes rendez-vous médicaux et m’ont écoutée lorsque j’avais besoin de parler. Je sais qu’ils s’inquiètent de mon bien-être. Je vois la crainte dans leurs yeux quand je descends un escalier (j’ai de nombreuses chutes à mon actif), tout comme je vois leur inquiétude aussi lorsque j’ai une journée difficile. Ne vous méprenez pas : je suis extrêmement reconnaissante, car bon nombre de gens ne reçoivent pas autant de soutien. Je suis chanceuse et j’en suis consciente. Mais parfois, cette inquiétude que ressentent les gens autour de moi est lourde à porter. Si je dis que ça va, faites-moi confiance. Je vous le promets : si quelque chose ne va pas, je vous le dirai.

Je me demande souvent comment je pourrais apaiser les inquiétudes des gens qui m’entourent. Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour calmer leurs peurs? Si quelqu’un sait quoi que ce soit à ce sujet, merci d’avance d’en informer le super héros que je suis. Car, j’en suis certaine, il m’importe tout autant de régler ce problème qu’il importe à mes proches de régler le cas de la SP pour moi. Vous voyez, peu importe de quel côté on se situe, essayer d’aider fait tout simplement partie de la nature humaine.

Donc, si vous vous apprêtez à envoyer un recueil d’information utile à une personne atteinte de SP ou à lui faire suivre tous les articles que vous avez trouvés sur cette maladie ou même sur les médicaments qui lui ont été prescrits, attendez. La plupart des personnes aux prises avec la SP parcourent déjà Internet et toutes les sources d’information existantes à la recherche de solutions. Alors, prenez un instant et demandez à la personne atteinte de SP que vous connaissez si elle souhaite recevoir l’information que vous avez en main. Pensez-y à deux fois avant de lui demander si elle va bien cette journée-là. Il pourrait par ailleurs s’avérer utile de discuter avec cette personne de vos préoccupations respectives et de la façon de procéder en ce qui concerne l’information sur la SP. Je vous assure que nous vous sommes reconnaissants de vouloir nous aider ainsi. Mais par moments, nous avons besoin de respirer un peu.

À la prochaine fois mes amis, et ne lâchez surtout pas.

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