Procrastination

Écrit par le 18 février 2014 – Aucun commentaire

Je suis née en janvier 1986, dans la froideur d’un hiver canadien. Sérieusement, nos hivers peuvent-ils être autrement que froids? Ma mère devait accoucher en décembre, mais j’ai décidé d’attendre un peu. De toute évidence, j’étais déjà coupable de « procrastination » avant même de venir au monde. Aujourd’hui, 27 ans plus tard, rien n’a changé. Je fais tout ce que j’ai à faire… le plus souvent à la dernière minute. Je commence mon magasinage pour Noël des mois d’avance, dans l’espoir que tout soit prêt à temps! Mais ça ne marche jamais : il me reste toujours des emplettes à faire la veille du grand jour. Mon côté « ça peut attendre à plus tard » ne me dérange pas… la plupart du temps. Il y a cependant un domaine dans lequel rien ne peut attendre : c’est quand il est question de ma SP.

J’ai reçu un diagnostic ferme de SP le 29 décembre 2006. J’allais avoir 21 ans le mois suivant. Des symptômes étaient apparus bien avant cette date, mais ce fut un choc d’en apprendre la cause exacte. Comme bien d’autres, toutes les étapes qui ont mené au diagnostic ont été longues et pénibles. Il faut savoir qu’il n’existe encore aucun test de dépistage de la SP. Cette maladie ne peut pas être décelée par une simple analyse de sang. J’ai vécu beaucoup de frustration, les jours où je voulais absolument savoir ce qu’il en était et que je n’obtenais pas de réponse. Il me semblait que la série de cerceaux à travers lesquels il faudrait sauter était interminable.

À la fin, un diagnostic est tombé, et de grandes décisions ont alors dû être prises. Il n’y a pas de place pour la procrastination lorsque la SP est en jeu. Nous devons faire des choix en fonction de notre mode de vie et obtenir le plus d’information possible. C’est un défi de taille et parfois accablant. Soit les renseignements font peur, soit ils sont compliqués ou en contradiction les uns avec les autres. Il n’en demeure pas moins qu’on est mieux armé pour affronter la SP lorsqu’on la connaît bien.

J’ai mis beaucoup de temps pour prendre mes propres décisions et croire qu’elles étaient bonnes. Je voguais à la dérive dans la multitude de choix qui s’offrait à moi. C’était comme une première journée d’école où on s’aperçoit que les règles du jeu ont changé. On se sent mal à l’aise au début et pas du tout à sa place, mais lorsque les nouvelles règles sont bien comprises, on parvient à se trouver une place. Le hic, c’est que la plupart des décisions à prendre ont beaucoup d’importance, car elles peuvent avoir des conséquences à long terme. Je sentais que je ne pouvais pas seulement me mettre le pied dans l’eau, mais que je devais plonger tête première dans une mer profonde et sans fin. Le temps de la procrastination était révolu!

Depuis sept ans, je me tiens au courant des résultats de la recherche sur la SP. J’essaie de garder l’esprit ouvert, et je ne regrette pas les décisions que j’ai prises. Elles étaient fondées sur l’information que j’avais alors en main. Revenir sur ces choix ne donne rien. Il faut regarder en avant. Chaque décision est une occasion d’apprendre, que le résultat soit positif ou négatif. Pour ma part, je suis persuadée que les décisions liées à la SP ne peuvent pas attendre. Et lorsque j’en prends une, je dois la mettre en pratique tout de suite, sinon je finis par douter de sa valeur, même si je sais en mon for intérieur que c’était la meilleure que je pouvais prendre. N’étant pas parfaite, je dois reconnaître que je remets parfois mes décisions en question. J’en parle alors à ma famille et à mes amis, après quoi il m’arrive de changer d’idée. Malgré tout, j’ai l’impression de prendre les meilleures décisions pour moi. Qui peut se vanter de toujours prendre les bonnes décisions? Il arrive qu’on se trompe, mais l’important est de faire de son mieux!

Sur ce, mes amis, je vous tire ma révérence, tout en reprenant mon étiquette de procrastinatrice!

Loribelle

 

Laisser une réponse

Inscrivez-vous pour sauvegarder l'information vous concernant. Déjà fait? Connectez-vous!