Archivés le juin, 2014

Mon hiver 2014!

Écrit par le 21 juin 2014 – Aucun commentaire

Cet hiver, j’ai décidé de ne pas m’apitoyer sur mon sort. Skieuse alpine depuis ma tendre enfance et amante de l’hiver, j’ai cherché de l’information sur les activités offertes pour les personnes à mobilité réduite. Il n’y en a pas beaucoup pour l’extérieur en hiver, mais bon. Avec mon conjoint, nous sommes allés au parc national d’Oka, où nous avons emprunté une chaise hippocampe. Cette chaise sur ski et avec de grosses roues pour la neige permet d’être poussé dans les sentiers de randonnée pédestre. Il faut une amie ou un ami ou un conjoint aimant pour pousser, parce que par soi-même, ça ne se fait pas! Une belle balade de 1 h 30 nous a permis de  profiter de la nature.  

Ensuite, j’ai fait du ski alpin modifié, soit du biski. Cette chaise, munie de skis, permet à des personnes à mobilité réduite de dévaler les pentes. Bon, moi, j’ai encore de la force dans mes membres supérieurs, alors j’ai utilisé les bâtons de ski adapté, mais nous pouvons également nous faire guider par un moniteur certifié qui se tient debout derrière la chaise pour faire tourner celle-ci de droite à gauche et surtout, pour modérer notre vitesse. Ce fut une très belle expérience. J’ai aimé dévaler les pentes! J’avoue que j’allais parfois vite et que je me suis même fait peur à quelques moments, mais c’était tellement libérateur : j’étais remplie d’adrénaline. Ça a été trois journées de biski mémorables pour moi ainsi que pour mes amis qui sont venus me voir et m’encourager. Le bonheur et le plaisir se lisaient dans mes yeux.

Alors, n’hésitez pas à faire des activités. C’est bon pour le moral et pour la santé!

Je vous souhaite un bel été, profitez-en pour bouger : baignade, vélo ordinaire ou modifié, festivals et spectacles!

Geneviève

Vivre le bénévolat avec les jeunes

Écrit par le 10 juin 2014 – Aucun commentaire

Avant juillet 2005, le bénévolat ne m’avait jamais vraiment frappée comme étant une activité à inclure dans ma vie. Travail de bureau, heures supplémentaires, vie sociale effervescente, manque de temps… toutes les excuses étaient bonnes pour éviter de participer à la vie de ma communauté gratuitement, et je ne me croyais pas habitée par le désir du don de soi.

En juillet 2005 est tombé sur moi un diagnostic de sclérose en plaques, qui m’a obligée à m’habituer à ne plus travailler, mais à quand même me garder occupée malgré le peu d’énergie dont je disposais. C’est lors de ma réadaptation au Centre Constance Lethbridge que l’idée m’a été donnée : pour des besoins en lien avec mes traitements d’ergothérapie, j’ai dû me trouver des activités de bénévolat, en fonction de mes champs d’intérêt et de mes capacités. Cela avait deux buts précis: premièrement, mesurer mon endurance au travail, et deuxièmement, si retour au travail il y avait, me réentraîner à la vie dans le monde de la productivité. Je ne suis pas retournée au travail.

Me trouver du travail bénévole fut un processus presque aussi ardu que d’essayer de me trouver un emploi, étant donné mes nombreuses limitations. J’ai commencé par offrir mes services dans un centre pour jeunes filles en difficulté; j’y donnais des ateliers d’arts plastiques à des adolescentes. Cette activité, quoiqu’extrêmement valorisante, fut très exigeante.

C’est à ce moment, dans mon quartier, que j’ai trouvé chaussure à mon pied: deux endroits où je pouvais aller donner de mon temps en participant à la vie communautaire de Saint-Henri, tout en étant à proximité de mon domicile. J’ai d’abord donné du temps à une organisation d’aide à la famille du quartier, Famijeunes. J’effectuais des tâches de réceptionniste, j’accueillais les parents, je faisais de faux tatouages aux enfants lors d’événements spéciaux comme la rentrée ou Noël, et, quand j’en avais l’énergie, je gardais les nourrissons à la garderie. C’est à cet endroit que j’ai découvert ma passion pour le travail bénévole auprès des jeunes.

Également, j’ai donné du temps à la boutique écologique La Gaillarde. Là, j’ai participé à l’écriture de communiqués de presse, j’ai fait du classement, de l’entrée de données, de l’étiquetage de vêtements, des séances de photos, tant à l’arrière de la caméra, comme maquilleuse, qu’à l’avant, comme modèle pour des défilés ou des campagnes de pub! Qui aurait cru que le bénévolat pouvait être aussi glamour!

S’ensuivirent plusieurs activités bénévoles: lors de conférences (pour parler de mon expérience de vie), lors de témoignages à divers endroits, lors de différentes activités pour ma première collecte de fonds ou au sein du conseil d’administration de la Section Montréal de la Société canadienne de la sclérose en plaques. Le bénévolat me permet non seulement de me tenir occupée, mais aussi de continuer de me sentir compétente et valorisée. Valorisée en tant que personne encore apte à faire du travail. Je sens aussi qu’on respecte les fluctuations imprévisibles de ma condition.

À l’été 2012, j’ai eu le privilège de me voir offrir la possibilité d’aller parler de mon expérience du quotidien avec la SP avec une soixantaine de jeunes qui participaient au Camp de vacances SP, destiné à des enfants dont un parent a la sclérose en plaques.

Mon rôle? Témoignage et tatouage : le combo «T.N.T»!!! Je dis ça, mais ce sont totalement eux qui m’ont dynamitée! Avec leur énergie positive, leur soif d’apprendre et surtout de comprendre, finalement, avec leur joie de vivre! Je donnais des ateliers-témoignages et, en combiné, des séances de tatouage temporaire au airbrush pour tous les jeunes, une activité plutôt appréciée! En fait, ma présence au camp en était surtout une d’accompagnement afin d’amener les participants à s’identifier à quelqu’un à qui ils pourraient se confier, poser des questions.

Quoique fatigant par moments, ce camp fut en revanche des plus rafraîchissants, valorisants et réénergisants puisqu’il m’a permis de côtoyer des boules d’énergies explosives sur deux pattes! De ce genre de dynamite, j’en reprendrais n’importe quand! Rien ne me fait plus plaisir que de voir le sourire d’un petit garçon tout excité par le tatouage de Batman qu’il vient de recevoir sur sa main! C’est ça maintenant ma nouvelle paye, beaucoup plus gratifiante et essentielle à la vie que peut l’être l’argent : la richesse des contacts humains. Et ce, surtout, avec les jeunes.

Katia