Archivés le mars, 2015

Écrit par le 30 mars 2015 – Aucun commentaire

Le 18 septembre 2013 est une date dont je me souviendrai toute ma vie. Je me souviens encore de cette journée comme si c’était hier. Je me revois dans la salle d’attente du médecin, du haut de mes 20 ans. J’ai demandé à mon père de m’accompagner lorsque j’ai été appelée, car j’étais terrifiée à l’idée d’aller seule dans le bureau du médecin. Je me souviens de m’être assise devant le médecin sans trop savoir à quoi m’attendre. Je tenais fermement la main de mon père lorsque le diagnostic est tombé : sclérose en plaques. Quel choc! J’ai fondu en larmes, mon père aussi. Je savais que ce que je vivais n’était pas normal, mais jamais je ne m’étais attendue à une telle nouvelle.

L’annonce du diagnostic aux membres de ma famille fut difficile. Heureusement pour moi, ma mère est ergothérapeute. Elle en savait déjà beaucoup sur ma maladie et elle était en mesure de les rassurer. Annoncer cette nouvelle à mon frère et à ma sœur fut le plus difficile. Croyez-moi quand je vous dis que mon frère a deux bosses sur la carrosserie de son automobile depuis ce jour-là : il a exprimé toute sa colère en se défoulant sur sa voiture. Donc, je vous mentirais si je vous disais que l’annonce de cette nouvelle s’est bien déroulée. En revanche, vous n’imaginez pas le soulagement que j’ai ressenti une fois que les membres de ma famille immédiate ont su que j’avais la sclérose en plaques. Ils m’ont épaulée et soutenue tout au long de cette épreuve et ils le font encore aujourd’hui. Je leur en serai éternellement reconnaissante.

Étrangement, la journée même où j’ai reçu ce diagnostic, ma famille et moi avons ri aux éclats. Pourquoi? La raison est simple : je leur ai annoncé dès le début que je ne me laisserais pas abattre par cette maladie et que je continuerais à vivre ma vie comme je l’entendais. Bien sûr, tout le monde ne réagit pas de la même façon, et je ne suis pas en train de dire que toutes les personnes recevant un diagnostic de SP devraient agir comme moi. Chaque personne réagit différemment à l’annonce de ce type de nouvelle, et c’est bien normal. Pour ma part, j’ai décidé de continuer à faire tout ce que je faisais auparavant et même plus.

Je ne vous sortirai pas le cliché habituel en vous mentionnant que, depuis mon diagnostic, ma vie a beaucoup changé, car ce n’est pas vrai. Oui, je vois la vie différemment et je profite davantage des petites choses. Toutefois, ma vie n’a pas tant changé. Qu’il n’y ait pas eu tant de changements que ça dans ma vie n’est pas une chose négative, car j’aimais ma vie avant le diagnostic et je l’aime toujours autant maintenant. Je n’ai pas arrêté de faire ce qui me tient à cœur, je fais tout ce que j’aime et j’ai l’intention qu’il en soit ainsi toute ma vie. Je vois la vie positivement, car le fait d’avoir la sclérose en plaques ne me définit pas. Ce qui me définit, c’est ma personnalité, mon attitude ainsi que mes buts et mes croyances dans la vie.

Je ne suis pas « Camille qui a la sclérose en plaques » et je n’accepterai jamais de l’être. Je suis Camille, étudiante à l’université, future enseignante en adaptation scolaire, qui va explorer le monde et profiter de chaque instant de la vie avec sa famille et ses amis. Bref, ce que je veux vous dire, c’est de ne pas vous limiter au diagnostic : il y a tellement de choses à voir et à accomplir dans la vie. Ne laissez jamais personne vous étiqueter et ne vous étiquetez pas vous-même. Avoir la sclérose en plaques ‒ je ne vous mentirai pas ‒ amène des inconvénients. Non, ce n’est pas toujours facile, mais ne vous laissez pas abattre. Continuez de faire ce que vous faites et profitez de la vie.

En terminant, j’ai un petit message à transmettre à tous ceux qui ont reçu un diagnostic de SP récemment. La douleur et la tristesse que vous ressentez en ce moment peuvent vous paraître insurmontables. Vous êtes peut-être dans la même situation que celle que j’ai vécue : vous ne connaissez personne qui a la même maladie que la vôtre, ce qui vous amène à vivre de la solitude. Souvent, le fait de parler à des personnes qui vivent la même chose est une expérience grandement bénéfique. Honnêtement, le blogue et le forum proposés à commemoi.ca ont été pour moi une découverte et m’ont beaucoup aidée. En lisant tous les commentaires, je me suis sentie de moins en moins seule. Les discussions que j’ai eues et les commentaires que j’ai lus m’ont permis de comprendre à quel point certaines personnes vivaient des situations semblables. Donc, même si vous n’avez pas l’intention de participer au blogue ou au forum, lisez les articles qui vous intéressent, et je vous promets une chose : après la lecture de certains commentaires, vous vous sentirez moins seuls.

Courage à vous tous! Continuez à vivre votre vie comme vous l’entendez. Il y aura des hauts et des bas, mais ça en vaut la peine. Je vous le promets.

Camille