Savoir fixer ses limites

Écrit par le 2 mai 2017 – Aucun commentaire

J’ai toujours été une fille assez occupée et qui aime être impliquée dans une foule de choses, et le diagnostic de SP n’a pas changé mes habitudes. Lors de mes premières années d’études universitaires, je me suis beaucoup impliquée au sein de ma cohorte. J’ai été représentante de classe pendant deux ans et présidente de ma cohorte pendant un an et demi. Pendant un an, j’occupais ces deux postes en même temps, chose que personne ne fait habituellement. Durant deux ans et demi, je jonglais donc entre mon travail, mes études universitaires, ma vie sociale et familiale, et mes nombreux comités. Disons que je n’avais pas beaucoup de temps pour souffler.

Il y a de cela quelques mois, j’étais dans mon lit, c’était l’une de ces nuits où, au lieu de dormir, je réfléchissais à tout ce que j’avais à faire le lendemain : étudier pour deux examens finaux, des décisions à prendre pour les comités universitaires que je gérais et, surtout, l’écriture des dernières lignes d’un travail que je devais remettre d’ici deux jours. Bref, j’étais dans mon lit et j’angoissais en pensant à tout ce que j’avais à faire, et c’est là que j’ai compris que je voulais trop en faire en même temps. Je nuisais à ma propre santé, et tout ce stress n’était vraiment pas bon pour moi. J’ai donc évalué la situation. Je ne pouvais pas aller à mes examens sans avoir étudié et je ne pouvais pas remettre un travail non fini. Par contre, je pouvais diminuer mon stress en me retirant de mes comités. Je pouvais au moins agir sur cette variable et, même si j’avais de la peine à l’idée de quitter le poste de présidente de ma cohorte, je sentais que c’était la bonne décision. Je suis donc sortie de mon lit à 1 h du matin pour aller écrire ma lettre de démission. À 2 h du matin, je me suis recouchée dans mon lit le cœur gros, car je venais d’envoyer ma lettre, mais j’avais l’impression d’avoir pris la meilleure décision pour moi. Je me suis alors endormie très rapidement et j’ai dormi d’un sommeil de plomb. Depuis, je n’ai jamais regretté ma décision et j’ai encore le sentiment d’avoir fait le bon choix.

Pourquoi suis-je si certaine d’avoir pris la bonne décision? Parce que je me suis choisie, tout simplement. Avant, je ne prenais pas le temps de relaxer et de prendre soin de moi. Toute cette anxiété que je vivais n’était pas bonne. J’étais tellement stressée que je l’étais même à l’idée que ce stress me cause une poussée de sclérose en plaques. J’ai donc décidé d’agir sur une variable que je pouvais changer. Oui, j’aimais ce que je faisais, mais j’aime encore plus vivre sans stress et en santé. J’ai appris que se fixer des limites n’est pas un signe de faiblesse, mais plutôt un signe de force. C’est signe que je me connais et que je suis capable de faire des choix pour moi sans avoir peur de décevoir les autres. J’ai fait fi de l’opinion des autres et de leurs tentatives de me convaincre de reprendre mon poste et je me suis choisie moi. Et j’en suis fière.

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