Médicaments, traitements et SP

La décision de suivre un traitement médicamenteux est très personnelle. La SP est une maladie chronique, et son traitement doit être poursuivi sur une très longue période. Il faut donc être fidèle au traitement choisi et l’intégrer à son mode de vie.

Comment les médicaments contre la SP agissent-ils?

Il y a à peine dix ans, les personnes touchées par la SP n’avaient aucune option thérapeutique – aucun médicament efficace n’était disponible. Mais tout a changé, à la suite de la mise au point de médicaments modificateurs de l’évolution de la SP (MMÉSP). Ces médicaments ciblent le système immunitaire de différentes façons dans le but de réduire la fréquence et la gravité des poussées.

Quel est le mode d’action des MMÉSP

Lors d’une réaction immunitaire, des cellules spécialisées, appelées lymphocytes T, sont stimulées. Dans le cas de la SP, ces cellules se rendent jusqu’à la barrière hématoencéphalique (BHE) – couche dense de cellules qui empêchent habituellement certaines substances de s’infiltrer dans le système nerveux central – et réussissent à pénétrer dans le cerveau et la moelle épinière. Une fois à l’intérieur du système nerveux central, les lymphocytes T activés entraînent de l’inflammation qui cause des lésions (plaques), une démyélinisation et une détérioration des axones.

Chacune de ces étapes s’apparente aux maillons d’une chaîne : les médicaments modificateurs de l’évolution de la SP ciblent différents maillons de cette chaîne d’événements afin de la briser et de réduire l’inflammation et la détérioration des tissus.

Diminuer la fréquence des poussées

Tous les MMÉSP contribuent à réduire la fréquence des poussées, et certains pourraient même atténuer la gravité des poussées.

La prévention des poussées est essentielle, tout comme le ralentissement de la progression des lésions nerveuses inapparentes, qui entraîneront ultimement des incapacités. Certaines études ont laissé supposer qu’un traitement suivi régulièrement peut ralentir l’évolution de la maladie. Toutefois, aucune étude comparative de longue durée n’a encore été menée. On ne sait donc pas si le risque d’incapacité à long terme est plus faible chez les personnes qui reçoivent un traitement contre la SP que chez celles qui n’en reçoivent pas.

Les MMÉSP ne guérissent pas la SP. Ils ressemblent davantage à un traitement préventif (comme un vaccin) et visent à prévenir l’apparition de problèmes éventuels.

Est-il bon de suivre un traitement?

De nombreux essais cliniques ont démontré que les interférons bêta et l’acétate de glatiramère sont sûrs et efficaces pour le traitement de la SP. Par conséquent, la Société canadienne de la SP, le Réseau canadien des cliniques de SP et la National Multiple Sclerosis Society (organisme états-unien de la SP) recommandent qu’un traitement par l’un de ces médicaments (Avonexmd, Betaseronmd, Extaviamd, Copaxonemd et Rebifmd) soit entrepris le plus rapidement possible après le diagnostic.

Le Tysabri constitue une autre option, mais il est généralement réservé aux personnes qui ne répondent pas bien aux autres traitements modificateurs de l’évolution de la SP ou qui ne les tolèrent pas. Cette restriction est due au fait que le Tysabri peut entraîner des effets indésirables potentiellement graves.

Le Gilenyamd s’ajoute aussi à la liste. Il s’agit du premier médicament oral pour la SP appartenant à une nouvelle classe de médicaments appelés modulateurs du récepteur de la sphingosine-1-phosphate (S1PR). On le croit capable de préserver les principales fonctions immunitaires. Ce médicament doit être pris tous les jours.

Il est recommandé d’instaurer un traitement contre la SP immédiatement après le diagnostic, en raison de la multitude de données scientifiques qui prouvent que l’inflammation, la démyélinisation et la détérioration axonale commencent aux tout premiers stades de la maladie. Cela signifie que la SP attaque le système nerveux bien avant qu’on ressente le premier symptôme de cette maladie. Dans bien des cas, la SP n’est diagnostiquée que plusieurs années après ces premières attaques, soit lorsqu’elle devient plus évidente. Après la confirmation du diagnostic, il importe d’amorcer un traitement aussitôt que possible pour aider son corps à mieux combattre la SP et pour empêcher son état de se détériorer davantage.

Le traitement n’est pas indiqué dans tous les cas, cependant. Les MMÉSP sont surtout efficaces contre la forme cyclique (poussées-rémissions) de SP. Ils ne le sont pas du tout pour la forme progressive primaire. Pour les femmes qui envisagent de devenir enceinte, il importe de le mentionner à son médecin, car cette information pourrait avoir une influence sur ses recommandations.

Comment prendre une décision?

Lorsqu’on réfléchit à la possibilité d’entreprendre un traitement, il faut se rappeler qu’aucune solution ne convient à tout le monde. La décision appartient à chaque personne, mais il vaut mieux en discuter de manière approfondie avec le neurologue. Il faut d’abord essayer d’obtenir tous les renseignements nécessaires pour pouvoir prendre une décision éclairée. Les meilleures sources d’information sont les neurologues, les cliniques de SP et la Société de la SP. Internet peut aussi s’avérer très utile, à condition de consulter des sites médicaux valables ou des sites fiables conçus pour les patients ou encore des sites comme celui de la Société de la SP. (Il faut se méfier des sites qui cherchent à vendre quelque chose. Si ce qu’ils disent semble trop beau pour être vrai, il y a probablement anguille sous roche. Par ailleurs, les fabricants des cinq MMÉSP ont chacun leur site Web et un service d’information téléphonique sans frais sur leur produit, auxquels on peut se fier.

La quantité de renseignements fournis est colossale. Alors il est préférable de se donner un peu de temps pour bien assimiler le tout et prendre ensuite rendez-vous avec son neurologue pour voir s’il convient d’entreprendre un traitement le plus rapidement possible. Il ne faut pas hésiter à poser à ce dernier  toutes les questions qu’on a en tête et il importe de s’assurer  de bien comprendre tout ce que le médecin dit avant de prendre une décision.

Il peut être utile de lister ses questions sur un bout de papier avant son rendez-vous. Voici quelques exemples de questions à poser :

  • Quels bienfaits un traitement peut-il apporter?
  • Quels bienfaits un traitement ne peut apporter?
  • Quels sont les effets indésirables des traitements?
  • Y a-t-il des raisons pour lesquelles il ne faut pas prendre un médicament en particulier?
  • Combien de temps prendra le traitement pour faire effet?
  • Le traitement peut-il affecter le mode de vie?
  • Y a-t-il des différences importantes entre les divers médicaments?
  • Comment apprendre à se faire une injection?

La décision d’amorcer ou pas un traitement peut sembler difficile à prendre. Il ne faut donc pas hésiter à parler de ses doutes ou de ses craintes à ses proches. La Société de la SP peut aussi mettre en contact différentes personnes d’une même région qui sont touchées par la SP.

Pour qu’un traitement soit efficace, il faut lui être fidèle. C’est-à-dire qu’il faut s’engager à le suivre toute sa vie. Cela peut sembler difficile et exigeant, mais un traitement n’enlève pas de temps. En fait, on espère qu’il en donnera plus.

Que dire des traitements contre les poussées?

Les poussées sont souvent traitées par des stéroïdes, telles la prednisone et la méthylprednisolone, administrés par voie intraveineuse, dans le but d’en atténuer la gravité et d’accélérer le rétablissement, surtout aux premiers stades de la maladie. Ces médicaments (également appelés corticostéroïdes) réduisent l’inflammation présente dans le système nerveux central durant les poussées de SP. Aux stades plus avancés, lorsque la maladie devient progressive, ils ne sont pas efficaces et peuvent même entraîner des effets secondaires nuisibles. Ce type de traitement ne doit pas être suivi à long terme.

Prise en charge des aspects physiques de la SP