Quels sont les mécanismes à l’origine de la SP?

L’inflammation et la démyélinisation entraînées par la SP font l’objet d’une riposte : le corps se défend. Lorsque les nerfs subissent une démyélinisation, des cellules spécialisées (appelées oligodendrocytes) produisent de la myéline pour réparer la lésion. Ce processus permet de restaurer partiellement la fonction des nerfs et explique pourquoi les symptômes disparaissent durant les périodes de rémission.

Par contre, la réparation de la myéline n’est pas un mécanisme efficace et, dès le début de la maladie, elle peut s’avérer lente, ce qui contribue à l’accumulation progressive des lésions, au fil du temps. Lorsqu’un axone (fibre nerveuse) est tellement détérioré qu’il se rompt et ne peut plus transmettre de messages, on dit de cet axone qu’il est sectionné.

À un certain stade, l’accumulation continuelle de lésions nerveuses

peut faire évoluer la forme cyclique vers la forme progressive secondaire de SP – chez la plupart des personnes atteintes de SP, cette transformation se produit au fil du temps. La forme progressive secondaire de SP comporte moins de poussées et moins d’inflammation que la forme cyclique, mais les effets de la maladie augmentent de manière constante en raison de la détérioration progressive des fibres nerveuses.

De nombreux chercheurs croient maintenant que la progression de l’incapacité – passant de la forme cyclique (poussées-rémissions) à la forme progressive secondaire – se produit lorsque les axones atteignent un certain seuil de détérioration à partir duquel même d’infimes changements produisent un effet considérable, comme la goutte qui fait déborder le vase. Le délai d’apparition de la forme progressive secondaire est très variable : il peut aller de quelques années à plus de vingt ans, selon la personne. On ne sait pas exactement pourquoi la maladie progresse plus rapidement chez certains. Il est possible que les personnes chez qui la maladie est peu ou pas invalidante aient une bonne génétique, de bons mécanismes de défense ou simplement de la chance. Malheureusement, il n’y a aucune façon de savoir au départ qui s’en tirera bien et qui aura des incapacités.

La SP comporte une grande part d’incertitude, et les personnes qui en sont atteintes se posent souvent les questions suivantes : Quels seront mes symptômes? Est-ce que j’aurai des poussées? Serai-je capable de faire tout ce que j’ai envie de faire aujourd’hui? Sans oublier la grande question : Est-ce que je deviendrai invalide? Voilà l’une des plus grandes inquiétudes des personnes atteintes de SP.

Malgré toutes nos incertitudes, nous savons pertinemment qu’il est crucial de tout faire pour ralentir l’évolution de la maladie afin d’éviter que le seuil de détérioration critique ne soit atteint, car à ce stade, toutes les fonctions perdues le seront pour toujours. Les incapacités sont alors irréversibles et permanentes.

Qu’est-ce que la SP?